Le journal scolaire : quand les élèves deviennent journalistes

Un groupe d’élèves discute dans un coin de la classe : « On met quelle photo en première page ? » « Et si on interviewait le directeur ? » Ce sont les apprentis journalistes du journal de l’école !

Depuis ses débuts, l’ASEM encourage la création de journaux scolaires dans ses écoles. Ces publications, réalisées par et pour les enfants, sont bien plus qu’un simple exercice : c’est une aventure collective qui développe de nombreuses compétences.

Comment naît un journal scolaire ?

Tout commence souvent par les textes libres. Les meilleurs textes écrits par les enfants sont sélectionnés pour être publiés. Mais un journal, c’est plus que des textes : il faut des dessins, des photos, des interviews, des reportages…

L’ASEM a d’ailleurs organisé en 2013 un stage spécial pour former ses enseignants aux techniques journalistiques, animé par Claudine Ducol, journaliste professionnelle. Les participants ont appris à structurer un article, à mener une interview, à choisir des photos, à organiser un comité de rédaction.

Une rédaction comme chez les grands

Dans une école ASEM qui produit un journal, les rôles sont répartis :

  • Des responsables de rubriques (vie de l’école, sport, culture, actualités…)
  • Des reporters qui vont chercher l’information
  • Des rédacteurs qui mettent en forme les articles
  • Des illustrateurs qui font les dessins
  • Un comité de rédaction qui décide du contenu de chaque numéro

Tout cela sous la coordination d’un enseignant, mais avec une vraie autonomie des enfants. C’est eux qui proposent les sujets, qui décident ce qui est important ou pas.

Apprendre en faisant

Sadikh Diaw, directeur à la retraite et coordinateur de la cellule ASEM de Rufisque, témoigne 

« Pendant longtemps, j’ai mené beaucoup d’expériences au niveau de mon école mais j’éprouvais de la peine à écrire dans le journal de l’ASEM. Aujourd’hui, après le stage de formation, je me sens plus outillé, plus sûr de moi pour rédiger un article. »

Si un enseignant avec des années d’expérience a progressé grâce à cette formation, imaginez l’impact sur les enfants ! Ils apprennent à :

  • Observer ce qui se passe autour d’eux
  • Poser les bonnes questions (Qui ? Quoi ? Où ? Quand ? Comment ? Pourquoi ?)
  • S’exprimer clairement à l’écrit
  • Travailler en équipe
  • Respecter des délais (le journal doit sortir à date fixe !)
  • Être fiers de leur production

Des exemples concrets

L’ASEM elle-même publie un journal qui existe depuis 1995. Il paraît plusieurs fois par an et contient des articles sur les pratiques de classe, les réflexions pédagogiques, la vie de l’association, les politiques éducatives… C’est un lien entre tous les membres de l’ASEM, au Sénégal et même en Afrique.

Dans les écoles, les journaux sont plus simples mais tout aussi importants. À Dagana, à Rufisque, à Saint-Louis, les enfants racontent la vie de leur école, leurs sorties, leurs projets, leurs réussites. Ces journaux sont distribués aux parents, affichés dans les quartiers, envoyés aux correspondants.

Le journal : une fenêtre ouverte

Publier un journal, c’est aussi une façon pour l’école de s’ouvrir sur son environnement. Les parents découvrent ce que font leurs enfants. Le quartier voit que l’école est vivante, active. Les enfants se sentent valorisés : leur parole compte, elle est publiée, lue, diffusée.

Mamadou Fadel Kane, directeur de l’école Médina Chérif 2 à Dagana, résume bien :

« Ce stage nous a permis d’acquérir une nouvelle culture journalistique. Désormais le travail sera plus organisé et mieux élaboré. »