La correspondance scolaire : apprendre en échangeant avec le monde

Imaginez des élèves sénégalais qui écrivent à des camarades en France, en Italie ou dans un village voisin. C’est la magie de la correspondance scolaire !

Depuis plus de trente ans, l’Association Sénégalaise de l’École Moderne (ASEM) pratique cette technique inventée par Célestin Freinet. Le principe ? Les enfants échangent des lettres, des dessins, des photos avec d’autres classes, parfois à l’autre bout du monde.

Comment ça marche ?

Dans une classe de l’ASEM, quand arrive une lettre des correspondants, c’est la fête ! Les élèves l’ouvrent ensemble, la lisent à haute voix, et discutent pour comprendre ce que leurs amis leur racontent. Ensuite, ils préparent leur réponse, soit collectivement (une grande lettre écrite par toute la classe), soit individuellement (chacun écrit à son correspondant).

Les thèmes abordés sont variés : présentation de leur école, de leur ville, de leur famille, mais aussi la géographie de leur pays, leurs traditions, leurs activités quotidiennes. À l’école de Saint-Louis, par exemple, les élèves ont correspondu avec une classe italienne en 2015. Ils ont échangé des cartes de leurs pays, parlé de leur école, et même fait des dessins pour leurs nouveaux amis.

Pourquoi c’est important ?

Cette technique transforme l’apprentissage du français – langue étrangère pour la plupart des élèves sénégalais – en quelque chose de vivant et motivant. Quand un enfant écrit à un vrai correspondant, il fait attention à bien s’exprimer, à trouver les bons mots. Ce n’est plus un exercice pour le maître, c’est une vraie communication !

La correspondance scolaire ouvre aussi les enfants au monde. Ils découvrent d’autres cultures, d’autres modes de vie, tout en valorisant leur propre identité. Un élève de Dagana qui explique comment on cultive le riz dans sa région à un correspondant français apprend à la fois à structurer sa pensée et à être fier de son environnement.

Les défis

Parfois, les lettres mettent du temps à arriver. Il faut aussi traduire quand on correspond avec des pays non francophones. Mais ces petites difficultés font partie de l’apprentissage : la patience, l’organisation, le travail d’équipe pour surmonter les obstacles.

Aujourd’hui, certaines classes ASEM utilisent aussi Internet pour échanger plus rapidement, mais le principe reste le même : créer du lien, apprendre en communiquant, s’ouvrir aux autres.