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« Aujourd’hui, nous allons faire l’école dehors ! » Quand le maître annonce une sortie ou une classe-promenade, c’est la joie dans la classe. Mais ces sorties ne sont pas de simples récréations : ce sont de véritables moments d’apprentissage.
Dans la pédagogie Freinet, l’environnement proche est un formidable terrain d’étude. Les écoles ASEM organisent régulièrement des « classes-promenades » : on sort de la classe, on observe le quartier, la nature, les activités humaines, puis on en tire des apprentissages.
Une tradition ancrée
Dès les débuts de l’ASEM à Diawar, dans les années 1980-1990, les sorties ont été une pratique courante. Les enfants allaient observer les champs de riz, la vie des pêcheurs sur le fleuve, les marchés, les métiers du village.
Ces observations donnaient lieu ensuite à :
L’étude du milieu
L’ASEM a développé une approche spécifique appelée « étude du milieu ». Il s’agit d’étudier systématiquement l’environnement proche de l’école :
À Diawar, cette étude du milieu a même donné lieu à la création d’un musée scolaire ! Les enfants ont collecté des objets traditionnels, des outils anciens, les ont catalogués, et ont créé un petit musée visitable par les habitants du village.
Un livre a même été publié sur le village de Diawar, fruit de ce travail d’étude du milieu mené par les élèves avec leurs enseignants.
Des apprentissages concrets
Ces sorties ne sont pas du tourisme scolaire. Elles répondent à des objectifs pédagogiques précis.
Prenons l’exemple d’une visite à une rizière :
Un seul événement peut ainsi nourrir plusieurs disciplines !
Le lien avec le texte libre
Souvent, après une sortie, les enfants écrivent un texte libre sur ce qu’ils ont observé. Ces textes, riches en observations concrètes, sont bien meilleurs que les habituels « Raconte tes vacances » qui donnent souvent des textes vagues et pauvres.
Un enfant qui écrit « J’ai vu l’oncle Amadou planter le riz. Il fait des trous avec son bâton pointu. Puis il met les petites plantes. Après, il remplit d’eau » fait un vrai travail d’observation et de description.
L’éducation environnementale
Beaucoup de sorties ASEM ont une dimension environnementale. Les enfants observent :
Cela donne souvent lieu à des projets concrets. À Rufisque, par exemple, l’école Ousmane Mbengue a développé le projet « écobrique » : les enfants remplissent des bouteilles en plastique avec des déchets non biodégradables, puis utilisent ces « écobriques » pour construire des bancs, des parterres de fleurs, des bacs… Une façon créative de gérer les déchets tout en embellissant l’école !
Les colonies de vacances
L’ASEM organise aussi régulièrement des colonies de vacances pour ses élèves. Ces colonies, souvent au Centre Morgane de Dagana ou à Saint-Louis, sont des moments privilégiés où les enfants de différentes écoles se rencontrent, découvrent de nouveaux lieux, vivent ensemble.
Au programme : activités sportives, créatives, culturelles, mais aussi découvertes de l’environnement, visites de sites historiques…
Ces colonies ont été documentées en vidéo et font partie des productions de l’ASEM.
Des partenariats
Pour enrichir ces sorties, l’ASEM développe des partenariats. Par exemple, à Saint-Louis, la cellule ASEM a invité une représentante des Aires Protégées à participer à une formation. Ces collaborations permettent aux enseignants d’avoir accès à des ressources, des sites, des expertises.
L’école ouverte sur le monde
À travers les sorties et classes-promenades, l’ASEM affirme une conviction : l’école ne doit pas être coupée de la vie. Les murs de la classe ne doivent pas enfermer les apprentissages.
Au contraire, l’environnement local, avec ses richesses et ses problèmes, doit être le premier « livre » que les enfants apprennent à lire.
Comme le dit un proverbe africain souvent cité à l’ASEM : « L’enfant qui ne sort jamais du village croit que sa mère est la meilleure cuisinière du monde. »
Les sorties élargissent l’horizon, ouvrent l’esprit, ancrent les apprentissages dans le réel.