09 Déc

La Correspondance Scolaire : Quand la Technique Freinet Ouvre la Classe sur le Monde et Intègre les Apprentissages

La classe, pour l’Association Sénégalaise de l’École Moderne (ASEM), n’est pas une île isolée. Grâce à l’une des techniques fondamentales de la Pédagogie Freinet, la correspondance interscolaire, les élèves du Sénégal tissent des liens étroits avec leurs camarades en France, en Italie ou dans d’autres pays, transformant ainsi l’apprentissage en une aventure concrète et humaine.

Un Outil Pédagogique Moteur

La correspondance scolaire est un échange régulier de lettres, de dessins, de paquets et de journaux scolaires entre deux classes partenaires. C’est un outil essentiel pour la pédagogie ASEM car il répond à un besoin profond de l’enfant : communiquer, partager sa réalité et découvrir celle des autres.

Ce n’est pas une activité supplémentaire, mais un puissant moteur d’apprentissage intégré au programme :

  • Motivation pour l’écrit : Savoir que son texte sera lu par un correspondant lointain donne un sens immédiat à la rédaction. L’enfant s’applique à l’écriture, à la grammaire et à l’orthographe pour être compris, transformant la « corvée » de la composition en un acte de communication réel.
  • Maîtrise du Français : Pour les élèves sénégalais, le français est souvent une seconde ou troisième langue. La correspondance force la pratique et le perfectionnement linguistique.
  • Ouverture Culturelle : L’échange de courriers permet d’explorer la géographie, l’histoire, les coutumes et le mode de vie du pays partenaire. Il enrichit le patrimoine culturel des élèves et développe leur tolérance et leur curiosité.
  • Travail du programme : Les instituteurs ASEM intègrent habilement les courriers aux leçons. Par exemple, une question du correspondant sur le fleuve Sénégal peut être l’occasion d’une leçon complète de géographie ; une description de leur école pousse les élèves à travailler sur l’environnement et l’architecture locale.

Défis et Richesse de l’Échange

Si l’ASEM privilégie cette technique, elle n’est pas sans défis. Les lenteurs postales ou la nécessité de traduire les courriers (par exemple, de l’italien au français) peuvent parfois compliquer l’échange.

Cependant, ces difficultés sont souvent transformées en opportunités d’apprentissage. Dans une classe de Saint-Louis, la traduction d’une lettre italienne a été vécue par les enfants comme un exercice stimulant et non comme une corvée. Comme l’a noté un enseignant ASEM, la correspondance est un support « vivant, riche et très motivant » qui facilite les enseignements/apprentissages tout en permettant de tisser de nouvelles relations humaines.

La correspondance scolaire est ainsi la preuve que la solidarité éducative commence dans la classe, en rendant l’enfant acteur principal de ses propres découvertes et de son ouverture au monde.