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Dans un angle de la classe, un petit meuble coloré expose une trentaine de livres. Des albums illustrés, des contes, des petits romans. C’est le coin-lecture, un espace magique où les enfants découvrent le plaisir de lire.
L’ASEM, en partenariat avec l’Association Réunion-Dagana et d’autres partenaires, a déployé des « coins-lecture » dans de nombreuses classes. Ces petites bibliothèques de classe sont bien plus que du mobilier : c’est un outil pédagogique puissant.
Comment fonctionne un coin-lecture ?
Le principe est simple mais efficace. Dans la classe, un espace est aménagé avec :
Mais ce qui fait la force du coin-lecture ASEM, c’est que ce sont les enfants eux-mêmes qui le gèrent !
Une gestion par les élèves
À l’école de Diawar, par exemple, Aïssatou Dièye raconte comment ça marche :
Les élèves peuvent emprunter un livre pour une semaine maximum. Ils le lisent à la maison, puis le ramènent pour en prendre un autre.
Des activités variées
Le coin-lecture ne sert pas qu’à emprunter des livres. Il inspire de nombreuses activités :
1. Le compte-rendu de lecture Un élève qui a lu un livre peut s’inscrire pour le présenter à la classe. Il prépare sa présentation (parfois avec l’aide du maître), puis raconte l’histoire, dit ce qu’il a aimé, montre les images. Une fiche est remplie et archivée.
À l’école Médina Chérif 2 de Dagana, Ibrahima Sané témoigne : « Les élèves en raffolent tellement que la simple annonce d’une séance de ce genre crée une effervescence totale dans toute la classe. »
2. Le théâtre Les livres inspirent des pièces de théâtre. À Diawar, les élèves de CI n’avaient qu’un seul livre adapté à leur niveau, sur l’environnement. Avec leur maîtresse, ils en ont fait une pièce de théâtre qu’ils ont jouée devant l’école !
3. Les textes dialogués Les enfants s’entraînent à lire à haute voix des dialogues, en se répartissant les rôles. Ça améliore leur lecture expressive.
4. Les narrations de conte Un élève raconte un conte qu’il a lu, avec ses propres mots. Ça développe l’expression orale et la mémoire.
Pourquoi c’est important ?
Au Sénégal, beaucoup d’enfants n’ont pas de livres à la maison. L’école est souvent leur seul contact avec la lecture. Mais dans les classes surchargées (parfois 60 à 80 élèves), difficile de développer le goût de lire.
Le coin-lecture change la donne. Soudain, les livres sont là, accessibles, à portée de main. Les enfants peuvent les toucher, les feuilleter, les choisir librement. Ils ne sont plus réservés au maître ou enfermés dans une armoire.
Mamadou Fadel Kane, directeur à Dagana, note que le coin-lecture « suscite le goût des livres, la découverte et la recherche d’informations. Mieux encore, il permet de développer l’expression orale. »
Des fiches pour bien l’utiliser
L’ASEM ne se contente pas d’installer des coins-lecture : elle forme les enseignants à bien les utiliser. En 2015 et 2016, des sessions de formation ont été organisées pour apprendre à :
À Diawar, les enseignants ont même créé des fiches d’exploitation pédagogique pour chaque livre. Ces fiches proposent des activités autour du livre : questions de compréhension, exercices de vocabulaire, prolongements créatifs…
Du coin-lecture à la bibliothèque d’école
Certaines écoles ASEM ont franchi un pas supplémentaire en créant de véritables bibliothèques d’école, accessibles à toutes les classes. C’est le cas à Diawar, à Rufisque, à Messeyni (Saint-Louis).
Mais même quand l’école n’a pas de bibliothèque centrale, le coin-lecture dans la classe reste un outil précieux, accessible, facile à mettre en place.
Un investissement qui porte ses fruits
Les enseignants qui pratiquent le coin-lecture le confirment : les élèves progressent en lecture, enrichissent leur vocabulaire, développent leur imagination. Et surtout, ils aiment lire ! Ils ne voient plus la lecture comme une corvée, mais comme un plaisir.
Comme le dit simplement Ibrahima Sané : « Les élèves en raffolent ! »