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« Ce matin, j’ai vu un oiseau bleu dans la cour. » Voilà comment commence parfois une séance de texte libre. Un moment où l’enfant écrit ce qu’il veut, quand il veut, comme il veut.
Une vraie liberté d’expression
Un élève peut écrire dans la classe, dans la cour de récréation, sous un arbre, ou même à la maison. Il peut parler de ce qui le touche : une fête dans son quartier, la distribution des prix à l’école (comme Fatou Sow à Dagana), un événement qui l’a marqué, une observation de la nature…
Oumar Seck, enseignant à l’école Célestin Freinet de Dagana et personne ressource de l’ASEM, explique :
« Il n’y a ni pression ni contrainte. L’accent est mis sur la liberté. L’enfant apprend de lui-même en utilisant son propre vocabulaire, son propre style. »
Du brouillon au chef-d’œuvre
Quand un élève a écrit son texte, il peut, s’il le souhaite, le présenter à la classe. Les textes sont lus à haute voix, et les camarades votent pour choisir les meilleurs. Ces textes élus sont ensuite améliorés collectivement : tout le monde participe à corriger les fautes, à enrichir les phrases, à préciser les idées.
Mais le texte garde toujours le nom de son auteur. C’est important : l’enfant reste propriétaire de sa création.
Prenons l’exemple de Fatou Sow et de son texte sur « La distribution des prix ». Son premier jet contenait quelques erreurs (« aux invités » écrit « au invités », « goûter » écrit « gouttés »). Avec l’aide de ses camarades et de son maître, elle a pu corriger son texte en deux étapes, jusqu’à produire une version finale claire et bien écrite.
Pourquoi c’est différent ?
Dans le programme officiel sénégalais (le Curriculum), on demande aussi aux enfants d’écrire. Mais le sujet est imposé et le moment est fixé : « Aujourd’hui, vous allez écrire un texte narratif sur tel thème. »
Avec le texte libre, c’est l’inverse : l’enfant est libre. Cette liberté développe sa créativité, sa confiance en lui, son envie d’écrire. Quand on écrit sur ce qui nous touche vraiment, on fait plus d’efforts, on cherche les bons mots, on veut que ce soit bien.
Au-delà de l’écriture
Les meilleurs textes libres peuvent être publiés dans le journal de l’école, envoyés aux correspondants, lus lors de cérémonies. Certains deviennent même des petits livres illustrés par les enfants.
Le texte libre n’est donc pas qu’un exercice d’écriture : c’est un outil qui donne la parole aux enfants, qui valorise leur expression, qui fait d’eux de vrais auteurs.